jeudi 11 octobre 2012

Traduction (Pt-Fr): "Velho Tema", de Vicente de Carvalho


Salut, mes amis!

Une de mes élèves m'a envoyé un poème parnassien - il s'appelle "Velho Tema" et a été écrit par "Vicente de Carvalho", un excellent poète brésilien. Je dois avouer que je me suis senti très excité par l'opportunité de faire face à la traduction d'un poème tellement complexe. Il fallait faire très attention aux rimes, au mètre et aux allitérations... Alors j'ai bien bossé pour arriver à ce résultat! On verra si ça marche ou pas!

Le voici!



Thème ancien

Ce n'est que le léger espoir en vie
Qui masque cette peine d'exister.
Être n'est rien de plus, si bien concis,
Qu'une espérance énorme et échouée.

L'éternel rêve de l'âme éxilée,
Un rêve qui l'amène assez ravie,
Est un instant heureux, toujours laissé
De côté, qui jamais n'arrive en vie. 

Ce bonheur supposé par nous - les Hommes -,
Arbre miraculeux dont nous rêvons
Tout entouré de l'or glorieux des pommes,

Il existe, oui: mais nous ne l'atteignons
Pas, parce qu'il n'est que là où l'on le rend
Et l'on ne le rend pas là où nous sommes.



(écrit par Vicente de Carvalho,
traduit par Apolo Tavares)





Velho Tema – Vicente de Carvalho

Só a leve esperança em toda a vida
Disfarça a pena de viver, mais nada;
Nem é mais a existência, resumida,
Que uma grande esperança malograda.

O eterno sonho da alma desterrada,
Sonho que a traz ansiosa e embevecida,
É uma hora feliz, sempre adiada
E que não chega nunca em toda a vida.

Essa felicidade que supomos,
Árvore milagrosa que sonhamos
Toda arreada de dourados pomos,

Existe, sim: mas nós não a alcançamos
Porque está sempre apenas onde a pomos
E nunca a pomos onde nós estamos.






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Poème prochain




samedi 15 septembre 2012

La finesse de la fin


Warpaint - Majesty (vidéo sur youtube pour accompagner la lecture)


La fin,
même celle de l'hiver,
n'amène que le froid - le dédaigneux froid de l'Oubli.
Il ne nous reste aucun espoir
d'avenir - de n'importe quel avenir -
et l'on essaie de se souvenir
du temps où l'on était tête à tête avec l'été.
Mais la mémoire ne nous permet pas
de revivre le passé -
même submergé par des images
magnifiques d'un temps au-delà des mensonges
on n'arrive pas à vivre
ces rêves imaginés par nos idées.
Le fleuve de la Vie ne cesse pas de, lentement,
couler vers la mer
de la Mort
et il ne nous reste que le temps
de se rendre compte de la fin.

J'ouvre les yeux et le passé passe
devant moi,
sous une fine pluie qui tombe
du ciel de plomb,
sur le sentier secret du sens.
Je ferme les yeux.
Le présent est une présence
absolue
auprès de tout ce qui n'est plus
îci,
bien comme de tout ce qui sera
îci un jour.
Or je m'en fous de ce qui fût
le futur avant -
je prends un de ses fûts et me tiens
debout.
Il ne faut pas que je tombe dans la fosse
fausse
d'une songerie somnolente. Sans cesse,
je cesse
et recommence la chasse à tous les sens
de l'existence.
Les trouverais-je un jour? Ou devrais-je
les forger?

Aujourd'hui je voyage par un verger
sous le ciel d'argent
d'un hiver fou de rage. Mais la neige
agît sur ma peau
comme des griffes d'un tigre -
par des miliers d'égratignures
le sang coule incéssamment
et perpétue l'hémorragie.
Cependant,
le vent aigre crie:

"Ci-gît la Vie! Cédez à l'oubli!
Pour ceux qui résistent,
l'Hiver infini promet une fin
encore plus subtile!"

Que ferai-je face à la fin?
Que faut-il que je fasse?
Que j'éfface tout dessein
et farce face au destin?

Le fleuve de la Vie
coule encore vers la mer
de la Mort -
et la montre
la montre
en attendant
au bout du chemin...
Toutes les fins,
même celle de l'hiver,
n'amènent que le froid -
le froid dédain de l'Oubli
se confondant à la Vie.


 guimarães silva.
le 15 septembre 1932.


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jeudi 23 août 2012

Traduction: portugais-français


Salut, mes amis!

Je viens îci dans le but de vous parler un peu sur la traduction des poèmes brésilien (écrits en portugais) au français...

La première chose qu'on doit prendre en compte c'est l'importance de l'aspect formel dans le poème originel. Est-ce que la métrique (les syllabes poétiques), la rime, l'allitération (répétition d'une consonne ou d'un groupe de consonnes dans plusieurs mots qui se suivent) et d'autres ont un rôle important pour la constitution du poème? Est-ce qu'on peut les maintenir dans la traduction?

Normalement c'est très difficile de conserver tous les effets originels du poème dans la traduction... Pourtant, on peut créer d'autres (où originelement ils n'éxistaient point) pour "atténuer" leur perte...

Ayant décidé le rôle joué par les aspects formels, on peut passer à la traduction du texte. Îci, on doit se tenir le plus possible à ce que l'originel disait - ou plutôt, à l'intention de l'originel. Alors, il faut qu'on fasse une lecture attentive et critique, en analysant profondément tous les points obscurs du texte, pour éviter de commettre des erreurs de compréhension. Lorsqu'on croit avoir pris le sens du texte, on doit commencer la traduction proprement dite...

Attention aux faux amis ( http://fr.wikipedia.org/wiki/Faux-ami ), à l'importance des déterminants (les articles et les adjectifs possessifs, démonstratifs, etc.) et des pronoms personnels. Observez ce que le "Bescherelle" explique sur l"OMISSION DES DÉTERMINANTS":

"Dans certains cas, on peut rencontrer des phrases grammaticalement correctes dans lesquelles le nom n'est pas accompagné d'un déterminant.

Avec certains noms propres
Christophe a téléphoné.
Paris est une ville extraordinaire.

Avec certains noms communs, dans des situations particulières:
- etiquettes, pancartes: Sucre; École;


- annonces: Vente publique; Départ dans cinq minutes;


- titres: Ménace de conflit en Asie; Crime et Châtiment;

- invocations: Ô soleil!; Salut, voisin!;


Dans certains groupes nominaux prépositionnels

Il voyage en train.
Je l'ai rencontré par hasard.
Il mange avec plaisir.


Dans un Groupe Nominal désignant un ensemble

Femmes et enfants couraient sur le quai.
Il recevait parents et professeurs.


Avec un nom en fonction d'attribut du sujet

Il est professeur au lycée.


Avec un nom en apposition

Mon voisin, journaliste bien connu, m'a expliqué toute l'affaire.


Dans certaines expressions figées

Il ne rêvait que plaies et bosses.
Noblesse oblige.
Ils s'entendaient comme chien et chat."



Alors, comme vous voyez, c'est très rare qu'un nom apparaisse en français sans le déterminant. Je vous montre, comme exemple, des vers de Baudelaire - du poème L'Albatros - et leur traduction par Ivan Junqueira. Notez les article définis (des types des déterminants) soulignés en français et inexistants en portugais:



"L'un agace son bec avec un brûle-gueule,
L'autre mime, en boitant, l'infirme qui volait!"


"Um, com o cachimbo, lhe enche o bico de fumaça,
Outro, a coxear, imita o enfermo outrora alado!"

D'autres conseils qui peuvent vous aider quand vous faites vos traductions:

I) consulter le dictionnaire français-français ( http://www.le-dictionnaire.com/ ), pour être sûr du sens du mot utilisé;
II) chercher des synonymes qui seraient plus justes aux questions formels (rime, métrique, etc...), sur ce site: http://www.synonymes.com/ ...



Bien... C'est ça! Si vous lisez ces notes et essayez de les appliquer, je suis sûr que vous ferez des très bonnes traductions!

À bientôt et bonne chance, mes amis!

Bienveillamment,
Rafael Silva.




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dimanche 1 juillet 2012

ΕΙΣ ΜΟΥΣΑΝ: Para a musa


ΕΙΣ ΜΟΥΣΑΝ

Αειδε μούσά μοι φίλη, 
μολπής δ' εμής κατάρχου, 
αύρη δέ σών απ' αλσέων 
εμάς φρένας δονείτω. 

Καλλιόπεια σοφά, 
μουσών προκαθαγέτι τερπνών, 
καί σοφέ μυστοδότα, 
Λατούς γόνε, Δήλιε Παιάν, 
ευμενείς πάρεστέ μοι.


"O hino acima - da autoria de Mesomedes de Creta, um compositor do século II d.C. - é dos poucos registros que possuímos da música grega antiga.  A notação musical foi conservada em dois códices (o V. Venetus Marcianus app. cl. VI, 10, do século XIII ou XIV; e o C. Parisinus Coislinianus graecus 173, do século XVI)."

(BRANDÃO, Jacyntho Lins. Helleniká: introdução ao grego antigo - 2. ed. - Belo Horizonte: Editora UFMG, 2009.) (p.165)

Você encontrará uma reconstituição do hino no link (do Youtube) abaixo.




Conforme alerta o prof. Jacyntho (IBIDEM) "a pronúncia utilizada na gravação é a tradicional, isto é: como a do grego bizantino e moderno, de que muitas características já se encontram na koiné: η, υ, ει e οι têm o som de i; o ditongo αι tem o som de e; o ditongo ευ pronuncia-se ef).

Na minha proposta de tradução para este hino, sigo o mesmo princípio que me guiara nas anteriormente realizadas. Ritmo leve e musical (hexassílabo), com a utilização de aliterações e rimas imperfeitas (sobretudo internas). Naturalmente, tive que abrir mão de alguns dos epítetos originalmente utilizados (por questões métricas e de musicalidade). Repare a homofonia da expressão "de Leto" no penúltimo verso (que pode também ser entendido como o adjetivo "dileto").

Cantai-me, amada musa,
Meu canto começai;
E que ao meu peito a brisa
Do vosso bosque entoe.

Calíope, tão sábia,
Das musas a mais alta,
Junto à prole de Leto,
O Délio que aos mistérios
inicia,
                       ajudai-me.





Orfeu, filho da musa Calíope e do deus Apolo (prole de Leto, o Délio que aos mistérios inicia), conduzindo sua amada, Eurídice, para fora do Submundo (em pintura de 1861, de Jean-Baptiste Corot).


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samedi 30 juin 2012

Gacela del recuerdo de amor


"No te lleves tu recuerdo.
Déjalo solo en mi pecho,

temblor de blanco cerezo
en el martirio de enero.

Me separa de los muertos
un muro de malos sueños.

Doy pena de lirio fresco
para un corazón de yeso.

Toda la noche, en el huerto
mis ojos, como dos perros.

Toda la noche, corriendo
los membrillos de veneno.

Algunas veces el viento
es un tulipán de miedo,

es un tulipán enfermo,
la madrugada de invierno.

Un muro de malos sueños
me separa de los muertos.

La niebla cubre en silencio
el valle gris de tu cuerpo.

Por el arco del encuentro
la cicuta está creciendo.

Pero deja tu recuerdo,
déjalo solo en mi pecho." (p. 543)


GARCIA LORCA, Federico. Obra poética completa; trad. de William Agel de Mello, 5. ed. - Brasília: Editora Universidade de Brasília, São Paulo: Imprensa Oficial do Estado de São Paulo, 2004.








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mercredi 20 juin 2012

Presentimiento

"Agosto de 1920
(Vega de Zujaira)

El presentimiento
es la sonda del alma
en el misterio.
Nariz del corazón,
que explora en la tiniebla
del tiempo.

Ayer es lo marchito.
El sentimiento
y el campo funeral
del recuerdo.

Anteayer
es lo muerto.
Madriguera de ideas moribundas
de pegasos sin freno.
Malezas de memorias
y desiertos
perdidos en la niebla
de los sueños.

Nada turba los siglos
pasados.
No podemos
arrancar un suspiro
de lo viejo.
El pasado se pone
su coraza de hierro
y tapa sus oídos
con algodón del viento.
Nunca podrá arrancársele
un secreto.

Sus músculos de siglos
y su cerebro
de marchitas ideas
en feto
no darán el licor que necesita
el corazón sediento.

Pero el niño futuro
nos dirá algún secreto
cuando juegue en su cama
de luceros.
Y es fácil engañarle;
por eso,
démosle con dulzura
nuestro seno.
Que el topo silencioso
del presentimiento
nos traerá sus sonajas
cuando se esté durmiendo." (p. 67)


GARCIA LORCA, Federico. Obra poética completa; trad. de William Agel de Mello, 5. ed. - Brasília: Editora Universidade de Brasília, São Paulo: Imprensa Oficial do Estado de São Paulo, 2004.





Presentimiento (DUQUINO, Leonardo) 

dimanche 3 juin 2012

ΕΙΣ ΔΙΌΝΥΣΟΝ: Para Dioniso


ΕΙΣ ΔΙΌΝΥΣΟΝ


Eis mais uma tradução de outra ode anacreôntica. Como se pode perceber, Anacreonte apresentava uma característica predileção pela temática (e consumo!) do vinho. Uma tradução mais próxima dos termos (e da ordem) usados no original grego seria a seguinte:




Τοῦ Διὸς ὁ παῖς, ὁ Βάκχος
O filho de Zeus, Baco,
Ὁ λυσιφρων, ὁ λυαῖος,
O libertador da mente, o Laio,
Ὅταν εἰς φρένας τάς ἐμάς
Assim que em meu peito
Εἰσέλθῃ, μεθυδότης,
Entra, embriagando,
Διδάσκει με χορεύειν.
Ensina-me a dançar.
Ἒχω δὲ καί τι τερπνὸν
E eu, o amante da embriaguez, tenho
Ὁ τῆς μέθης ἐραστής.
Desejo de satisfação.
Μετά κρότων, μετ’ ᾠδῆς
Com batidas e canções
Τέρπει με κ’ Ἀφροδίτα,
Delicia-me como Afrodite
Καὶ πάλιν θέλω χορεύειν.
E de novo quero dançar.

(Ἐκ τῶν Ἀνακρέοντος ὠδῶν)
(de uma ode anacreôntica)

Entretanto, se levarmos em consideração o conceito de transliteração (Haroldo de Campos) e fizermos uso da licença poética para recriarmos os mais diversos efeitos sonoros (aliterações, rimas, assonâncias), seguindo uma métrica tão fluida quanto a do original grego (o verso hexassílabo):


Baco,o filho de Zeus,
Deus de espírito livre,
Penetrando o meu peito
Entorpece festivo
Numa dança envolvente.
E eu, amante do vinho,
Desejo ter deleite.
Com canções e batidas,
Concede-me delícias
Qual se fosse Afrodite
E outras danças desejo...




English translation


Zeus's boy, the Bakkhos, the free-minded Luaios,
when He enters My craving heart making it drunk,
He tells Me to dance. I therefore cry out something for joy. 
With stamping rhythm, with song The Lover of wine
makes Me happy, as Aphrodite does. Again I want to dance.


Extraído de: WEVELINGEN, M. The Hellenic World: Library. . Acessado em: 03 jun. 2012.




Bouguereau, The youth of Bacchus, 1884.

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